La mairie de Libreville veut passer à une nouvelle étape dans la lutte contre l’insalubrité. Réunis mercredi 19 août 2026 autour des questions liées à la gestion des déchets ménagers, les responsables municipaux, les maires d’arrondissement, Clean Africa et l’AGLI ont arrêté plusieurs mesures destinées à améliorer la collecte et à renforcer la salubrité dans la capitale gabonaise.
À Libreville, la question des déchets demeure un enjeu majeur pour les autorités municipales. Malgré les opérations de nettoyage et les différentes initiatives engagées ces dernières années, plusieurs quartiers de la capitale continuent de faire face à des difficultés liées à l’accumulation des ordures et à l’insuffisance des dispositifs de collecte. C’est dans ce contexte qu’une séance de travail consacrée à l’amélioration de la gestion des déchets s’est tenue le 19 août.
Un nouveau schéma directeur pour la collecte

La rencontre a réuni le Maire de Libreville et ses adjoints, les maires d’arrondissement ainsi que les représentants de Clean Africa et de l’AGLI, autour d’un objectif commun : améliorer l’organisation et l’efficacité de la collecte des déchets ménagers.
À cette occasion, Clean Africa a présenté un nouveau schéma directeur de collecte des déchets ainsi que les perspectives d’évolution du dispositif. Cette présentation intervient alors que les autorités municipales cherchent à mieux adapter les moyens de collecte aux réalités des différents arrondissements. L’enjeu est notamment de mieux identifier les zones prioritaires, d’améliorer le maillage du dispositif et de réduire les points d’accumulation des déchets dans les quartiers.
Les arrondissements au cœur du dispositif
La réunion a également permis aux maires d’arrondissement de dresser le bilan de la Journée citoyenne et des opérations de nettoyage conduites dans leurs territoires respectifs. Les responsables locaux ont notamment évoqué les difficultés rencontrées sur le terrain ainsi que leurs différents plans d’action pour améliorer la propreté des arrondissements. Parmi les problèmes soulevés figure le besoin de renforcer les effectifs et les moyens logistiques. La collecte des déchets ne dépend en effet pas uniquement de la fréquence des passages des équipes. Elle suppose également des équipements adaptés, un nombre suffisant d’agents et une organisation capable de répondre aux besoins des quartiers les plus fortement touchés par l’insalubrité.
Davantage de pré-collecteurs dans les quartiers

Parmi les principales mesures retenues figure l’augmentation du nombre de pré-collecteurs dans chaque arrondissement.
Ce dispositif doit permettre de renforcer la collecte de proximité, notamment dans les zones où l’accès des véhicules de collecte peut être difficile. L’objectif est également de limiter la formation de dépôts sauvages et de faciliter l’acheminement des déchets vers les sites de regroupement. Les autorités municipales prévoient par ailleurs d’augmenter et d’identifier plus clairement les sites de regroupement des déchets. Cette organisation devrait permettre de mieux structurer la chaîne de collecte, depuis la production des déchets par les ménages jusqu’à leur évacuation.
Sensibilisation et sanctions : le double levier
La mairie entend également renforcer les campagnes de sensibilisation auprès des populations.
Pour les autorités municipales, l’amélioration de la salubrité ne repose pas uniquement sur les moyens techniques et humains. Elle implique également une évolution des comportements. Le respect des horaires et des règles de dépôt des ordures, l’utilisation des points de regroupement prévus à cet effet et l’abandon des dépôts sauvages constituent autant de facteurs déterminants pour améliorer durablement le cadre de vie. En parallèle de la sensibilisation, la mairie souhaite renforcer l’application de la réglementation à travers des sanctions. Cette approche traduit la volonté des autorités de combiner pédagogie et contrôle. Le défi sera toutefois de garantir une application régulière et équitable des règles dans les différents quartiers de la capitale.
Un plan d’urgence contre l’insalubrité
Autre mesure annoncée : la mise en place d’un plan d’urgence à court, moyen et long terme contre l’insalubrité.
Cette stratégie doit permettre de répondre aux situations les plus urgentes tout en inscrivant la lutte contre les déchets dans une démarche plus durable. La distinction entre les différentes échéances suggère une volonté de ne pas limiter l’action municipale aux opérations ponctuelles de nettoyage. L’objectif affiché est plutôt de construire un dispositif permanent, capable d’anticiper les besoins et de mieux organiser les interventions. La priorisation des « zones miroirs » et des zones secondaires fait également partie des mesures retenues. Elle devrait permettre aux autorités de concentrer leurs moyens sur les secteurs identifiés comme prioritaires, tout en maintenant une couverture des autres zones de la capitale.
Le défi de l’efficacité sur le terrain

La réunion du 19 août intervient après la tournée effectuée par le Président de la République et le Maire de Libreville dans plusieurs arrondissements, marquée notamment par l’inauguration de nouvelles infrastructures. Cette tournée a également permis de mettre en évidence la persistance des problématiques liées à l’insalubrité dans certains secteurs de la capitale. Pour Libreville, l’enjeu est désormais de transformer les décisions prises autour de la table en résultats visibles dans les quartiers. L’augmentation du nombre de pré-collecteurs, l’identification des sites de regroupement, le renforcement des moyens logistiques, la sensibilisation et l’application des sanctions constituent les principaux leviers annoncés. Mais leur efficacité dépendra de la coordination entre la mairie centrale, les mairies d’arrondissement, les opérateurs de collecte et les populations.
Au-delà de la seule question des déchets, c’est donc la capacité de Libreville à construire un système durable de gestion de la salubrité qui est désormais en jeu. Pour les habitants, l’attente est simple : voir les rues et les quartiers durablement débarrassés des dépôts d’ordures et bénéficier d’un cadre de vie plus sain.
Line MINDZE
JOURNALISTE

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